Yves Philippe de FRANCQUEVILLE ou les prémices d\'une quête existentielle

Yves Philippe de FRANCQUEVILLE ou les prémices d\'une quête existentielle

Punir : importance du châtiment.

 Note N°28, commentée; extraite de la première liasse des écrits de Yves Philippe de FRANCQUEVILLE :

 

 

 

Punir : l’importance du châtiment.


Ne serait-il pas préférable de consoler ?

Juger un acte ou une démarche… est-ce possible ?

 


Le système sociétal basé sur une morale issue de religions fonctionne sur une hiérarchie verticale où chaque acte se trouve sanctionné. La réussite par une récompense, l’échec ou l’erreur par une punition.

L’évolution de l’homme semble avoir peu d’intérêt car la devise qui nous oblige à vivre en société et malheureusement : « nul n’est censé ignorer la loi ».

Combien faudra-t-il encore de controverses de Valladolid pour espérer voir une évolution certaine dans le regard que porte l’homme sur ses propres actes ?

De même, qui peut prétendre agir pour le bien d’un autre ?

Cf. Blaise PASCAL qui écrit au fragment 47 de ses Pensées :

« Pourquoi me tuez-vous ?

– Et quoi ! Ne demeurez-vous pas de l’autre côté de l’eau ? Mon ami, si vous demeurez de ce côté je serais un assassin, et cela serait injuste de vous tuer de la sorte. Mais puisque vous demeurez de l’autre côté je suis un brave et cela est juste ».

Aussi : en l’an 843 — par le Traité de Verdun — le vieil empire de Charlemagne est divisé en trois. Depuis, la raison d’être de nos dirigeants est de légitimer des guerres en raison d’un partage qui jadis n’aurait pas été équitable… La Lotharingie [langue de terre entre la Francie occidentale et la Francie orientale] a été grignotée par ses deux voisines. Une fois les terres du plus faible partagées, la guerre n’a cessé pour savoir qui aurait trop pris du gâteau… et la France et l’Allemagne pensent toujours que les alsaciens seraient plus heureux chez eux !

La guerre de Cent Ans elle-même ne s’est-elle pas finalement achevée qu’en 1802 par la paix d’Amiens ? Et Mers El-Kébir ? Une reprise, que dis-je, le rappel d’une haine entre Français et Anglais ?

Revenons donc au principe de la punition.

À l’école, un élève qui n’a pas compris un devoir est sanctionné par une mauvaise note. Qui est coupable ? Peut-être bien le professeur qui n’a pas su expliquer…

Même dans nos jeux télévisés, tout est axé sur la sanction d’une connaissance plutôt que sur le plaisir d’apprendre. L’être en fragilité, sera-t-il un jour davantage consolé plutôt que de poursuivre la dramatique escalade de la punition ?

L’Histoire est une suite de mensonges et de massacres… L’histoire — la petite — saurait être une suite de moments plaisants.

 

 

© Yves Philippe de FRANCQUEVILLE.


 


 

Si j'écrivais l'Histoire

 

I

 

L’air du temps de ces jours semble étrange et me fuit.

 

Tout sature en ce monde : on construit, on élève

 

Un sordide univers où le fer et l’humain

 

S’entassent sans raison. J’imagine un demain

 

Les puissants de la terre…Et l’un d’entre eux se lève

 

Au cours du haut conseil au secret dans la nuit.

 

 

 

« Silence ! Écoutez-moi ! » S'écrit-il en grand frère ;

 

« Refusons tout espoir, de vaines illusions,

 

Qui donnerait sur l’heure à qui voudrait y croire,

 

Un retour de son dieu dans une immense gloire.

 

Il serait bon qu’enfin, sans crainte, nous osions

 

Reconnaître la mort comme point de repère !

 

 

 

II

Il est temps mes amis de nous entre-tuer.

 

Détruisons les nations, donnons du sens à l’homme ;

 

Il nous faut des martyrs, de prodigieux héros…

 

Mais aussi quelques vils et pauvres numéros :

 

Longue liste infernale de bêtes de somme,

 

Enfants, femmes, vieillards… Sachons sans fin tuer ! »

 

 

 

Alors qu’ils écoutaient - vénérable auditoire -

 

En un commun accord, au dernier mot lancé,

 

Tous ensemble debout, voici qu’on félicite

 

À l’unanimité l’offre sans plébiscite,

 

Où la guerre est pesée, où le mort est pensé…

 

La terre se nourrit du sang de son histoire.


© Yves Philippe de FRANCQUEVILLE.

© pour la création artistique : Franck PASQUALINI, réalisée afin d'illustrer le poème Si j'écrivais l'Histoire, (Acrylique et collage de carton sur papier), extrait du recueil Solitude Etrangère par Yves Philippe de FRANCQUEVILLE. 

Auteur : Yves Philippe de Francqueville



26/11/2010
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