Yves Philippe de FRANCQUEVILLE ou les prémices d\'une quête existentielle

Yves Philippe de FRANCQUEVILLE ou les prémices d\'une quête existentielle

Que serait la lune si elle écrasait son soleil ?

 Notes N°237 & 241bis, commentées; extraites de la première liasse des écrits de Yves Philippe de FRANCQUEVILLE : 

 

Que serait la lune si elle écrasait son soleil ?

 

Est-ce que celui qui brille peut faire de l’ombre à l’autre ?

 

 

Un soleil brille, il ne provoque pas d’ombre. C’est l’être éteint et stérile qui crée l’ombre.

Dans la caverne de PLATON, les hommes enchaînés sont avides d’ombres projetées — comme aujourd’hui les lobotomisés de la télévision — assurés de saisir la vérité sur leurs écrans géants… Aldous HUXLEY l’annonçait déjà dans les années 1930 avec le meilleur des mondes où les humains rentrant du travail, doivent prendre leur soma — drogue légale et obligatoire — et regarder des émissions ludiques olfactives…

Finalement l’homme se dit heureux avec du pain et des jeux — même esclave — tant qu’il n’a pas en lui le déclic, l’aspiration, pour s’éveiller à d’autres idéaux.

Croire être maître (dans le sens de celui qui domine) est aussi un choix de vie comme celui de préférer obéir. Une société aime que chacun soit à sa place, comme dans une ruche, une termitière ou d’autres peuples de fourmis. Il y a les reines, les petits chefs, et les soumis…

Et si l’un d’entre-nous désirait n’être ni maître ni esclave… juste libre, sans la contrainte de s’imposer par les ordres ou d’en recevoir ?

Serait-il heureux ?

Cet individu hors-normalités existe-t-il ?

Est-il d’ailleurs concevable d’imaginer un monde idéal où les humains apprendraient à se conseiller, s’entraider, s’aimer… tout en rejetant toute idée de domination ou de soumission ?

Alfred Elton van VOGT, dans la fin des Ā, nous rappelle que cela semble bien impossible : qu’il est notamment très dangereux de vivre en un espace clos que l’on pense protégé. Le jaloux comme l’envahisseur qui vous veut plus heureux sous son joug (ou le maladroit) n’est jamais bien loin pour venir détruire la paix. Faut-il avoir des armes et des frontières afin d’éviter d’être attaqué ? La liberté ne se construit pas derrière des murs, dans une prison — fût-elle dorée — et si le loup entre dans la bergerie, les moutons ne sauraient pas facilement en sortir, d’où un carnage assuré. Les sectes savent aussi avec ruse faire croire à la sécurité des temples, des églises, des mosquées ou des synagogues, protégés par des miradors, des barbelés, des caméras, des obligations et des interdits !

Combien de millénaires encore faudra-t-il pour que l’homme évolue ? 

Ah, l’amour platonique… c’est à dire sans dominant ni dominé.

L’être qui aspire à la liberté se doit certainement d’être discret : briller en société où la médiocrité se veut de rigueur est dangereux. L’être banal rassure et ne dérange personne. Certains aiment le pouvoir. Ils savent écraser l’autre par la peur et l’abêtissement ; ils pensent qu’il faut écarter les individus qui sauraient briller simplement par eux-mêmes. Cependant, croître en lumière exige de la connaissance, du savoir. Il est donc primordial de développer le sens de l’effort et d’être curieux, attentif et consciencieux pour progresser. Il est essentiel de rejeter toute forme d’emprisonnement psychique par des drogues quelconques ou ces idéologies qui prônent une morale castratrice. L’homme instruit et libre n’est pas avide de régner. Il peut vivre heureux au milieu des autres sans être remarqué… (car il est rare que l’on s’intéresse à la source d’une lumière) avec des valeurs saines et des règles de vie évolutives.

Un soleil éclaire et réchauffe ; cela suffit à la plus part des humains… comme pour le petit chien de monsieur Bergeret qui ne regardait jamais le bleu du ciel incomestible nous écrivait Anatole FRANCE.

Pourtant, le fait d’être sorti de la caverne crée parfois la solitude et quelques éveillés ont en eux le besoin d’aller à la rencontre de celles et ceux qui restent encore enchaînés aux certitudes de leurs tyrans… C’est risqué, cela dérange les autorités et fait désordre dans le système. Mais quel bonheur de voir soudainement se briser les chaînes de celui qui vivait en esclavage !

Pour le rusé  — qui manquerait donc probablement d’intelligence — prendre la place de l’autre qui désire s’élever, cela doit se faire en le limitant dans sa capacité à l’instruction par la peur ou grâce à la prise de produits pouvant être inhibant…

Le soleil révèle ce qui est éteint. La lune brille grâce au soleil. Deux soleils ne se font pas d’ombre. Il semble bon de rayonner toujours plus pour enrichir la puissance de l’autre. Si un être est en perte de vitesse, l’autre doit développer davantage sa force pour que le premier se réveille.

S’il y a la peur en nous de voir l’autre trop briller, peut-être est-ce face à notre propre médiocrité ?

Attention donc — comme nous l’a rappelé Jean Baptiste de FLORIAN dans sa fable le grillon — à savoir vivre heureux en vivant cachés des gens qui ne seraient pas capables de comprendre notre bonheur !

Un FOUQUET trop brillant face au soleil naissant Louis XIV l’a appris à ses dépens.

 

 

 

© Yves Philippe de FRANCQUEVILLE.

 

 


 

 

(collage de Polystyrene, encre et papier sur carton)


Illustration de Franck PASQUALINI pour le poème Révolte extrait du recueil Solitude étrangère (voir Poèmes sur ce site) écrits par Yves Philippe de FRANCQUEVILLE.

 

 

 

 

 

 Auteur : Yves Philippe de Francqueville




16/12/2010
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