Yves Philippe de FRANCQUEVILLE ou les prémices d\'une quête existentielle

Yves Philippe de FRANCQUEVILLE ou les prémices d\'une quête existentielle

Les limites de la psychanalyse ?

 Notes N°420 &421, commentées; extraites de la première liasse des écrits de Yves Philippe de FRANCQUEVILLE :

 

 

Les limites de la psychanalyse ?

 

Le désir de liberté est-il un syndrome qu’il faut dénoncer et soigner ?

 

Paraître trop libre, est-ce punissable ?

 


 

Dans une société dite démocratique, la définition de la liberté peut se considérer telle qu’elle nous fut rappelée par le baron Charles de MONTESQUIEU, revisitée notamment par Jean Jacques ROUSSEAU dans le contrat social : « la liberté c’est la loi ».

Nous n’allons pas nous arrêter au premier regard mais essayer de trouver — au travers de cette affirmation — une explication qui puisse être davantage constructive. En effet, l’auteur des lettres persanes ne semble pas vouloir généralement utiliser sa plume pour être lu au premier degré mais nous donne souvent plaisir à réfléchir au-delà des simples mots pour arriver à l’idée… Cf. le comte Alfred KORZYBSKI : « le mot n’est pas l’idée ».

Qu’est-ce que la liberté ?

Voilà une formidable question que Ponce PILATE a peut-être posé au prévenu Jésus Le NAZARÉEN. Sa réponse l’aurait certainement aussi condamné à mort, comme celle de Socrate devant ses juges…

Diogène est libre…

« Ôte-toi de mon soleil » dit-il au jeune Alexandre…

Se croire libre de s’exprimer est une situation extrêmement fragile dans un système où tout est régi par différentes autorités : familiales, gouvernementales, religieuses… où la censure la plus drastique sait se dissimuler derrière les sourires les plus aimables !

Pourtant l’« Interdit d’interdire » est probablement l’acte de mort du principe de liberté. C’est nier le droit de penser par soi-même et cela nous empêche de prendre conscience de nos actes qui nous construisent ou nous abîment. L’anarchie est davantage révélée dans l'œuvre de Fernando PESSOA avec, notamment, son banquier anarchiste bien original…

Se rendre minable par toutes sortes de drogues ou de médicaments, massacrer l’autre moralement ou physiquement, en abuser… sous prétexte que l’on s’en donne le droit, voilà le travers à éviter chez celui qui est en quête de liberté… Sans effort, en rusant, il sera juste léger… pour arriver à cette légèreté qui finalement devient néfaste et destructrice.

Vivre libre, ce n’est pas en effet tricher ou désobéir… tout casser ou nier systématiquement le conseil ou l’enseignement ! C’est davantage se complaire avec les règles d’un jeu construites en harmonie avec soi-même, la nature et les autres…

La liberté serait d’apprendre sans nécessairement comprendre, dans un espace non clos, où la propriété privée n’existe pas car chacun se trouve en paix, respectueux de l’usage de chaque chose… Mais comment réussir ce rêve au sein d’une société ?

C’est le principe de la T.A.Z. ou de la Z.A.T. en français ; Cf. Hakim BEY : la Zone Autonome Temporaire.

Faut-il juste se contenir, se dissimuler, se frustrer, se taire ? Cf. Jean Pierre CLARIS de FLORIAN, Le Grillon : « pour vivre heureux, vivons cachés ».

 

La phrase complète est plus sensible encore : "pour vivre heureux, vivons cachés de ceux qui ne peuvent comprendre notre bonheur".

Être au dessus des lois c’est devenir un “hors-les-lois”. Il y a punitions, châtiments et sentences pour toutes celles et ceux qui ne seraient pas en accord avec la loi ou ne la respecteraient pas.

Afin d’être libre, il y a donc peut-être une autre possibilité : être en totale connaissance de la loi (car « nul n’est censé ignorer la loi ») et de s’adapter au mieux en utilisant ses failles ou faiblesses et surtout son impossibilité à être universelle.

« La liberté c’est la loi » nous invite à saisir l’importance de la connaissance pour éviter de tomber dans les pièges d’un système et d’y laisser jusqu’à sa vie comme l’a fort douloureusement payé le jeune François Jean LEFEBVRE Chevalier de la BARRE, et tant d’autres victimes d’une quête de liberté insouciante comme d’une justice pas toujours impartiale.

Pour tenter de vivre libre, il faut apprendre la discrétion, la prudence…  être toujours sur ses gardes.

L’homme libre est davantage en sécurité s’il est en mouvement ! Cf. La sémantique générale, Alfred Elton van VOGT, le cycle des Ā ; la Fin des Ā.

Un psychanalyste trouvera finalement suspect un désir de liberté qui passe par le danger.

Être libre ne nous est donc pas réellement permis au nom de la soi-disant liberté des autres. Je ne puis m’envoler devant vous…

Diogène est un cynique… libre comme le chien, un des rares animaux à déféquer sans honte devant le monde… Aujourd’hui cette « école philosophique » s’est transformée en critique ouverte de l’individu qui n’aurait guère de respect pour autrui… Peut-être alors est-il intéressant de se pencher sur les études relatives à l’axiologie — où la recherche des valeurs passe notamment par une relecture laïque et indépendante du principe de la morale pascalien. Cf. Cyril ARNAUD, Proposition pour une nouvelle axiologie.

Oui, « il est libre max, y’en a même qui disent qu’ils l’ont vu voler »… Hervé CRISTIANI nous offre avec cette chanson un précieux cadeau : La liberté nous donne des ailes… mais attention au chasseur qui passe avec un fusil… Cf. Liberté extrait de Solitude étrangère ; voir Poèmes sur ce site.

 

 

 Liberté 

 

 

I

 

Laisse-moi je te prie

Le temps qu'il me faudra

Non pour te pardonner

Mais pour savoir t'aimer.

 

 

 

Je suis comme un oiseau

Libre, ainsi je m'envole

Et dans mes soirs de rêves,

Je jouis des nuages.

 

 

Oui ! Jʼose mʼexprimer :

 

 Mʼélancer vers les cieux,

Rejoindre la lumière

Oublier tout danger…

 

 

II

 

Alors, à mes dépens

Sans loi, sans roi, sans chaîne,

Me voici une proie

Pour le moindre fusil.

 

 

Souvent, je suis blessé

Puis tout cela sʼoublie,

Car pour la liberté

Je donnerais ma vie.

 

 

Aussi, je me relève

Mais en mon coeur meurtri,

La peur d'un autre coup

Semble affaiblir mes ailes.

 

 

Des nuits et des larmes

Puis le grand jour enfin

Où, confiant, joyeux,

 

J'exulte ivre de ciel.

 ©Yves Philippe de FRANCQUEVILLE. 

 

Empêtrés dans nos chaînes, il y a trop souvent jalousie et envie devant celle ou celui qui sort de la caverne et, plutôt que de briser ces liens, l’on préfère généralement massacrer le rêve de l’autre qui ose aller à la quête du monde.

Le mythe d’Icare est d’une morale castratrice exemplaire : il n’avait finalement pas le droit de s’envoler ; il aurait dû rester enfermé sagement dans le labyrinthe à payer la faute de son père.

 

 

© pour l'article : Yves Philippe de FRANCQUEVILLE.

© Franck PASQUALINI, pour le tableau "jaillissement du néant".

 

Auteur : Yves Philippe de Francqueville



06/12/2010
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