Yves Philippe de FRANCQUEVILLE ou les prémices d\'une quête existentielle

Yves Philippe de FRANCQUEVILLE ou les prémices d\'une quête existentielle

La maladresse est-elle pardonnable ?

 Notes compilées : X65, X116, X166, X137 & X139 à X147, développées et annotées extraites de la première liasse des écrits de Yves Philippe de FRANCQUEVILLE :

 

La maladresse est-elle pardonnable ?


Oui, bien entendu, il paraît que nous avons le droit de commettre l’erreur…

Mais avons-nous nécessairement le droit à la maladresse ?

 

 

« Errare humanum est » dit le proverbe, mais aussi il nous rappelle, dans sa grande morale judéo-chrétienne, que persévérer dans l’erreur serait diabolique !

Il y a semble-t-il une grande différence entre l’erreur — une mauvaise évaluation, donc un jugement erroné sur l’existence de l’autre, sur sa manière de penser — et la maladresse : un acte le plus souvent négligé ou égocentré parce que l’autre n’entre que très peu (ou pas du tout) dans nos centres d’intérêts.

Une assiette cassée peut être recollée mais elle n’est généralement plus utilisée pour se nourrir…

Tout ne se répare pas. La vie ôtée par maladresse ou par erreur ne se rachète pas, ne se remplace pas.

Il semble important donc d’éviter au maximum toute maladresse en sortant de notre égocentrisme crasse… et de se protéger de l’erreur par l’étude, l’attention et la compréhension de l’autre.

Il faudrait penser l’autre le plus précisément possible, à 20 décimales près : Cf. Alfred Elton van VOGT, le monde des Ā, sinon le risque de confusion, d’erreur, n’est pas négligeable.

Il y a une chose que je sais, c’est bien que je ne sais pas qui est l’autre.

Par la considération de l’autre, je suis moins sensible à l’erreur ou à la maladresse.

L’égocentrisme, c’est oublier l’existence de l’autre ou ne pas la prendre en compte.

La souffrance comme la mauvaise conscience est une grande source de maladresse car elle perturbe l’esprit

La mauvaise conscience est l’arme redoutable de toutes les religions et les systèmes politiques quels qu’ils soient.

Attention donc à la notion de bien et de mal dans l’usage des mots maladresse et erreur

Libre est l’homme qui n’a pas de honte.

Cf. Vol au-dessus d’un nid de coucou de Milos FORMAN : dans l’asile où se déroule l’action, un jeune se suicide après avoir fait l’amour pour la première fois, car l’infirmière en chef lui fait comprendre que c’était mal et qu’elle le dira à sa mère.

Cf. Spiderman 3 de Sam RAIMI : film publicitaire à gros budget qui nous inculque la morale américaine dans une suite de combats où le bien rencontre le mal.

Tous, nous avons le droit — peut-être même le devoir, si nous voulons espérer évoluer un jour — de nous excuser… En effet, hormis chez les militaires, tuer ou détruire n’est pas acceptable… sauf si l’ordre est donné par l’état souverain. Le militaire ne s’excuse jamais. Il ne commet jamais de maladresse ou d’erreur. Il dit « autant pour moi ». Il est juste que le militaire attaque, se défende et tue car il est un assassin légitimé par la société. Le soldat a le permis de tuer, comme tout bon agent secret !

Peut-on avoir des certitudes et ne jamais se tromper ?

Un expert est finalement toujours approximatif. L’erreur de jugement comme la confusion dans l’énoncer d’un jugement peut-être très importante car « le mot n’est pas l’idée » et « la carte n’est pas le territoire ». Cf. Alfred KORZYBSKI, introduction à la sémantique générale.

Est-il juste de penser que la maladresse entraîne plus souvent la destruction et diffère finalement de l’erreur (« la bêtise » comme celle de Cambrais) qui permet parfois la découverte, les inventions, les trouvailles, qui nous éloignent des logiques aristotélicienne ou cartésienne ?

On apprendrait aussi d’erreur en erreur ?

C’est dans la relecture d’un acte que nous pouvons jauger de son intérêt…

A qui profite le crime, ou est-ce une exécution salutaire ?

L’histoire s’écrit pendant que meurent les hommes…

Dans l’erreur il peut y avoir une partie d’audace, de curiosité plus ou moins honnête, sadique ou sans valeurs humaniste, mais qui permettrait semble-t-il d’apprendre. Par exemple, combien d'essais le chirurgien Ambroise PARÉ a-t-il fait sur les champs de batailles pour comprendre le garrot ? Combien de morts ou… de mourants a-t-il eu sous la main pour s’exercer ? Les médecins grecs de l’antiquité : Hérophile et Érasistrate, par leurs horreurs perpétrées, ne sont-ils pas les précurseurs encore admirés des monstres, docteurs des régimes nazi, soviétique ou d’autres dictatures qui ont fait soi-disant avancer la médecine en utilisant des prisonniers vivants pour leurs expériences : ils avaient légitimement à disposition des humains pour tester, essayer, se tromper sans soucis.

Pierre BOULE — qu’il me semble juste de citer comme philosophe du XXème siècle — développe avec La Planète des singes une question de morale humaine : la société veut condamner les astronautes-singes qui atterrissent sur la planète Terre, pour avoir avoué qu’ils avaient fait des expériences et des dissections sur des humains…

Pour la science d’aujourd’hui, utiliser des singes et autres cobayes semble si naturel…

 

 

©Yves Philippe de FRANCQUEVILLE.

© Franck PASQUALINI pour "la croix à recycler" ! Dessin réalisé pour le poème l'Audacieux, extrait du recueil Solitude étrangère écrit par Yves Philippe de FRANCQUEVILLE.

 

 

Auteur : Yves Philippe de Francqueville



14/12/2010
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