Yves Philippe de FRANCQUEVILLE ou les prémices d\'une quête existentielle

Yves Philippe de FRANCQUEVILLE ou les prémices d\'une quête existentielle

À quoi bon ? Allons-nous rester prisonniers dans ce monde de rampants ?

 Note N°8, commentée; extraite de la première liasse des écrits de Yves Philippe de FRANCQUEVILLE :

 

« À quoi bon… »

 

Allons-nous rester prisonniers dans ce monde de rampants ou sommes nous capable de sortir de l’aquoibonisme ?

 

Faut-il choisir le système E.P.M. ou préférons-nous gagner la liberté ?

 

 

Dans chaque situation de nos instants de vie terrestre, « l’à quoi bon » se pose.

François de CLOSETS, dans les années 70, développait déjà quelques idées et commettait des livres sur la manière de vivre des 99,7 % de la population humaine dite évoluée…

Il en fait toujours partie semble-t-il… C’est juste en référence à sa dernière revendication de vieillard fatigué, datée de fin 2009 : il propose en effet une réforme allégée de l’orthographe et de la grammaire pour soi-disant permettre aux plus faibles d’éviter de se trouver confrontés à des lois trop complexes qui les mettraient en “dévaleur” dans cette société où le principe du risque zéro exige un nivellement et une uniformisation par le plus bas.

Cf. François de CLOSETS, Zéro faute.

Oui, difficile de réaliser un article un peu plus long qu’un SMS sans erreurs de frappe, de fautes d’orthographe ou de grammaire qui se perdent dans la longueur des phrases malgré les relectures et les correcteurs… (Je trouve toujours à corriger grâce aux amis bienveillants).

Pourtant, les premiers dictionnaires achevés et rigoureux ne sont finalement que du XIXème siècle et nos chers Immortels disputent chaque semaine sur ce grave sujet « de l’écriture officielle d’un mot » depuis la naissance de l’Académie !

Tout évolue, rien n’est figé… surtout pas une langue comme le français.

Faut-il pour autant abandonner tout à la simplification ?

À quoi bon ?

Pour développer cette digression, rappelons que notre langue fait probablement partie des plus fragiles. Alors que la plus grande masse de la population francophone s’exprime aujourd’hui avec moins de 2500 mots différents, en Angleterre il y a quatre siècles, William SHAKESPEARE aurait écrit son œuvre en usant de plus de 20.000 termes distincts… De l’autre côté de la Manche, cent ans plus tard, Jean RACINE se suffisait alors d’à peine 3.000 mots (mais il avait trouvé nécessaire de s’entourer au moins d’une bonne vingtaine de maîtresses reconnues).

Oui, le français — langage tardif — est l’un des plus pauvres parmi ceux de notre civilisation actuelle. Cependant, le plaisir, la beauté et la difficulté du parlé français s’explique par le fait que nous sommes riches de mots et d’expressions issus de la plus part des langues ou dialectes précédemment utilisés à travers le monde. En effet, la France est une nation terminale, située en fin de continent, lieu de rencontre de tous les peuples en quête d’espace. C’est pour cela que dans énormément de pays, l’on retrouve des mots sources du français.

C’est expliqué et développé avec panache et humour par Pierre GRIPARI dans son œuvre : Frères GAUCHER ou le voyage en Chine.

La très grande faiblesse de notre vocabulaire s’éclipse donc dans nos multitudes de règles et d’exceptions récoltées au fil des siècles de rencontres culturelles : comme par exemple l’art de jouer avec la ponctuation, le souffle d’un vers et le chant d’un mot… si différemment prononcé à Genève, Abidjan, Marseille, Montréal, Pointe-À-Pitre ou Bruxelles.

Nous avons encore certainement aussi l’une des plus belles poésies grâce notamment au rythme de l’alexandrin et à l’élégance de l’accent circonflexe.

La magie, le charme de notre langue disparaît pourtant chaque jour un peu plus par la simplification.

E. P. M. : « Et Puis Merde ». Le système E.P.M. est une désignation simplifiée de l’aquoibonisme.

Et oui, nous sommes mortels, la vie n’a que peu de sens : pourquoi donc décider par soi-même de se lever le matin, de se coucher le soir, d’aller travailler ?

À quoi bon ?

Rejetons l’effort volontaire, la réflexion et l’amour propre : oublions et obéissons… donnons à l’autre le droit de penser pour nous… votons pour le meilleur et rusons pour éviter de trop en faire… Hélas !

Nous perdons alors — dans la disparition du sens de la responsabilité et des valeurs personnelles — notre capacité à la liberté…

Peut-être même notre humanité s’éloigne ainsi. Nous nous dirigeons doucement vers une société de fourmis : loi par loi, décret par décret, interdit par interdit… établis pour notre bonheur.

L’acte symbolique de l’humain en régression c’est l’homme qui rentre du « travail obligatoire » et qui se jette sur le canapé ; il allume la télé et s’écrie « et puis merde ». C’est finalement le repos mérité de l’abeille, de la fourmi, de la termite… pour demain se remettre à la tâche, puisque « c’est ainsi ». François de CLOSETS a-t-il aussi vite oublié le Meilleur des mondes d’Aldous HUXLEY pour se laisser endormir par les écrans et sa dose réglementaire de soma ?

Les drogues — sous leurs formes les plus diverses — vendues ou tolérées, voire conseillées ou imposées sournoisement par les régimes politiques ou les religions sont nombreuses et utiles pour nous rendre faibles et lâches… aveugles ou soumis…

Probablement moins de 0,3% de notre humanité tend à s’éveiller pour donner à son existence des actes volontaires et libérés d’un système animal et carcéral où l’on nous fait croire comme nous le rappelle François Marie de VOLTAIRE : « que tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes possible ».

Oui mais pourquoi ?

À quoi bon finalement puisque nous allons mourir ?

Et si nous cultivions enfin notre jardin — juste pour notre satisfaction personnelle ou partagée — au rythme des saisons ?

Cf. Le Docteur RALPH, Candide ou l’Optimisme.

Les 0,3 % d’êtres semble-t-il différents — dans leurs limites et leurs étapes d’évolution — s’offrent à la folie du désir libérateur. Folie destructrice parfois, folie créatrice peut-être, folie stérile ou parfaitement dérisoire, du moins aux yeux du commun des mortels.

Indubitablement une porte ouverte pour devenir des hommes ?

Le plaisir de savourer un instant de rencontre, de partage, d’écoute, d’amour… de donner naissance à une œuvre ou d’en contempler une. Apprendre sans nécessairement comprendre, et utiliser ses compétences pour jouir du moment présent… tout en sachant que demain ne sera peut-être plus.

La vie passe alors très vite !

Cf. Anatole FRANCE, Monsieur Bergeret : « Le petit chien de Monsieur Bergeret ne regardait jamais le bleu du ciel incomestible ».

La quête du beau, de l’exploit, de l’inutile, de la jouissance : une infinité de chemins pour chacun de ces êtres uniques, ces Individus Hors Normalités.

Hors du système aquaboniste, la notion du bien et du mal disparaît, et tout devient relatif. L’homme apprend alors à se construire sans s’abîmer — sans abîmer l’autre — tout en apprenant la considération…

La vie prend goût.

Cf. Artiste lève-toi ! (Voir catégorie Poèmes sur ce blog).

 

 

 

Artiste, lève-toi !

 

 

 

I

 

Il passe et puis s’efface, ombre d’un paysage.

 

Il se fond, se confond, ne sachant prendre vie

 

D’une nature infâme en un siècle sans âge.

 

Il a rejoint la terre, étouffé son envie...

 

 

 

Bien étrange destin de naître pour mourir :

 

Être un frêle navire emporté par les vents,

 

Subir le fort courant sans ramer puis périr,

 

Englouti par la mer, sous les yeux des vivants...

 

 

 

Il est las, il sanglote, accablé de l’opprobre :

 

Ainsi s’offrent les jours et les nuits du falot.

 

Rien n’a pu l’éveiller, mais il charge le sobre,

 

Il maudit l’insensé qui lutte dans tout flot...

 

 

 

II

 

Et vous, face à ce vil instrument de ma peine,

 

Êtes-vous des Seigneurs, appelés aux combats,

 

Lorsque le glas vous somme à chercher l’âme vaine,

 

En prise au désespoir de se trouver si bas ?

 

 

 

Comment se contenter de ces petites morts ?

 

Aidez-moi ! La victoire est à qui la saisie.

 

J’oserai dire à l’homme, infirme du remords :

 

« Ami, force le temps, dévoile l’hérésie :

 

 

 

Demain n’existe pas, hier s’écrit mensonge...

 

Aujourd’hui semblerait le reflet du trépas,

 

Mais l’existence humaine est bien autre qu’un songe :

 

Artiste, lève-toi, trace tes propres pas »!

 

© Yves Philippe de FRANCQUEVILLE.


C’est un nouveau regard sur le monde, dans un refus de survivre et une impossibilité quasi maladive de “sous-vivre”.

Cf. Jan BUCQUOY, dans la série JAUNES, les sept volumes dont notamment le dernier opus : le Labyrinthe, où est revisitée par la bande dessinée (TITO aux images) la sémantique générale d’Alfred KORZYBSKI. Avec le monde des Ā d’Alfred Elton van VOGT, ces séries sont à considérer comme deux œuvres remarquables sur l’espace non-aristotélicien qui existe si peu en surface mais qui n’attend probablement que l’élan de certains vivants pour germer… Le cycle de L’Austrel, à lire ou relire sur le net dans mon site en téléchargement gratis… se veut dans la même veine.

L’exemple en image que nous pouvons aussi apporter à cette note, serait à travers la série Mandrake le magicien (un personnage de comic strip inventé par Lee FALK et dessiné par Phil DAVIS) : un des épisodes révélateurs raconte l’arrivée sur notre planète d’un extra-terrestre qui pille les réserves fédérales américaines de leurs lingots d’or afin de repartir chez lui avec sa fusée, les soutes pleines. Mandrake mène l’enquête. Lors de la rencontre avec cet étrange humanoïde, un dialogue s’installe où face au raisonnement du magicien expliquant la part négative d’une telle démarche et l’interdit posé par les lois terrestres et plus particulièrement américaines… (Ce n’est pas bien de se servir ainsi dans les caisses de l’état) celui qui n’est pas d’ici — l’étranger — nous compare alors — faibles humains — aux abeilles d’une ruche où nous osons prendre le miel (sans état d’âme) que ces petits êtres fabriquent avec constance, en leur laissant juste suffisamment pour qu’elles survivent sans se révolter et pour qu’elles puissent maintenir ainsi la pérennité de leur race. L’individu démontre donc qu’il est juste dans son action en agissant comme bon lui semble, car de plus, sur sa planète, l’or est comestible : c’est un métal utile et même nécessaire au bien être de son espèce alors que nous — pauvres humains — nous le stockons stupidement dans des coffres sans le consommer. Mandrake prendra alors leçon de cette rencontre et laissera l’Alien repartir sur sa planète avec une partie du trésor américain.

Les notions réductrices de bien et de mal ne sont pas naturelles chez des êtres évolués.

Pour devenir un homme, il semble donc nécessaire — tout en vivant en considération de l’évolution de chacun au milieu du monde des rampants — de construire avec discrétion au quotidien, des règles du jeu adaptables et modifiables au gré des rencontres. Il s’avère alors fondamental de posséder le sens de l’effort, une capacité à l’écoute et une réelle soif d’apprendre.

La liberté est peut-être à ce prix ?

Cf. Albert EINSTEIN, « Pour être un membre irréprochable parmi une communauté de moutons, il faut avant toute chose être soi-même un mouton ».

 

 

© Yves Philippe de FRANCQUEVILLE.


 

 

 

 

Artiste lève-toi !

 

 

(Résine, pâte à bois, encre et acrylique sur carton)

© Franck PASQUALINI.

oeuvre réalisée pour illustrer le poème Artiste lève toi, extrait du recueil Solitude étrangère écrit par Yves Philippe de FRANCQUEVILLE.


 

 

 

 Auteur : Yves Philippe de Francqueville

 



04/01/2011
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